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Ce très vieux hameau est bâti sur le flanc d’une colline enserrée par deux ruisseaux : celui du Ravin de Longeserre à l’est et celui de Grosse Rivière à l’ouest. C’est vraisemblablement l’un des plus anciens lieux habités de Vals-les-Bains, car le cartulaire de Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille indique qu’en l’an 937, un riche propriétaire fit don à ce monastère de la Villa d’Arlis et de ses sept manses (42 hectares), située dans la Viguerie de Meyras.

S’agissant de son origine étymologique, deux éminents chercheurs : Georges Massot, spécialiste régional de la toponymie, et l’abbé Maurice Allignol, ancien curé de Chirols et d’Oubreyts, émettent des hypothèses différentes. Georges Massot en formule deux : la première que le nom dérive de « Erl », homme noble ; la seconde qu’il provient du prélatin « arlia » qui semble avoir désigné un gué. Mais, à Chirols existe un Arlix qui n’a pas de gué. L’abbé Allignol, quant à lui, pense qu’il proviendrait d’un antique sanctuaire dédié à l’une des épithètes cultuelles de Junon, « Ara lucis », Lucis étant le diminutif de Lux (lumière). On pourrait penser aussi à Dulcine, car Junon protectrice de la famille, sous ce qualificatif, était la déesse des accouchements. Ce sanctuaire fut certainement christianisé très tôt, car dans sa notice historique sur Vals-les-Bains Albin Mazon, alias Docteur Francus, cite le 226e paragraphe du cartulaire de Saint-Chaffre, ainsi conçu :

« Le monastère de Saint-Pierre, situé près du château appelé Ucel, a deux églises qui lui sont soumises, savoir celle de Saint-Privat et l’autre, Saint-Martin de Vals, que le prieur dudit-lieu acquit avec la chapelle du château ; il a de plus, un autre oratoire construit anciennement au lieu appelé Arlis ; d’où notre monastère reçoit la provision de vin pour un mois ».

Rédigé pendant le mandat de l’abbé Guillaume qui dirigeait Saint-Chaffre de 1074 à 1086, il indique que la première église Saint-Martin de Vals, érigée à la Chaudière, et le château existaient déjà à son époque et que la chapelle de Notre-Dame d’Arlix leur était antérieure.
L’argument qui pourrait militer pour l’existence d’un sanctuaire dédié à Junon Dulcine est la construction, dès l’époque carolingienne, d’un prieuré et d’une chapelle au vocable de Sainte-Marguerite d’Antioche, au sommet du Puy Saint-Martin, l’actuelle montagne Sainte-Marguerite. En effet, cette vierge martyre était invoquée par les femmes en couche. Pour les premières Eglises chrétiennes, le meilleur moyen de lutter contre le paganisme consistait à installer, à la place des anciens dieux et déesses, des saints et saintes aux pouvoirs identiques. Mais, autant que faire se peut, elles privilégiaient la bienfaitrice suprême, Marie, Notre-Dame, définie Théotokos, mère de Dieu, au concile d’Ephèse en 461. Dès cette proclamation et durant tout le Moyen Age, la piété mariale connut un essor considérable d’où la profusion d’églises et chapelles au vocable de Notre-Dame. Dans notre région les femmes enceintes imploraient aussi l’aide de la Vierge noire de Nieigles.

Avant sa disparition, la chapelle de Notre-Dame d’Arlix était très vénérée. Elle est fréquemment citée dans les testaments pour des legs d’huile à son luminaire. En voici un, très bref, mais très explicite, qui nous permet de mieux comprendre le rapport à la mort et à l’au-delà de nos anciens : « 1427, 23 mai, Testament de Jean de Longeserre, de la paroisse de Vals. Sachant qu’il est prêt à aller en Bourgogne pour voir et parler à religieux frère Etienne de Longeserre, son frère, et sachant que la mort suit l’ombre du corps, redoute de mourir pendant ce voyage. Sa sépulture aura lieu là où il décédera, s’il meurt pendant le voyage, sinon cimetière de Saint-Martin, tombe de ses parents. Lègue de l’huile aux luminaires des églises de St-Martin de Vals, ND d’Arlix, ND des Plans et ND de Vals. (Notaire Pierre Rochette 1427 folio 16) ».